Provenant du podcast Talmudiques -France Culture Radio France
L’année commence avec ses vœux de santé, de bonheur et de joie auxquels il faut rajouter, quand on est lucide, et nous le sommes, des vœux de paix. Le monde en a bien besoin et nous savons à quel point la paix est difficile. Non pas difficile à formuler, car comme dit le prophète Jérémie les mots sont faciles : « Ils prétendent guérir le désastre de mon peuple avec des paroles futiles en disant : « Paix ! Paix ! » alors qu’il n’y a point de paix »
Comme le dit si bien Spinoza « la paix ne consiste pas dans l’absence de la guerre, mais dans l’union des cœurs ». Une union des cœurs qui doit se construire non seulement au sein des états ou d’état à état, ce qui est nécessaire mais pas suffisant, car universelle et anonyme, mais dans une relation interpersonnelle, dans l’entre-deux d’un regard et d’une parole, dans le face à face de deux visages.
« La paix, dit Levinas, doit être ma paix, dans une relation qui part d’un moi et va vers l’Autre, dans le désir et la bonté où le moi, à la fois se maintient et existe sans égoïsme. » Fin de citation !
Oui c’est bien là, dans cette relation que réside la paix, là est son principe, son commencement, et son origine. Et c’est sans doute là aussi le credo d’un projet pédagogique de grande envergure intitulé The Beit Project, littéralement « le projet de la lettre Beit » qui vient de fêter ses 15 ans d’existence.