Un nouveau membre pour le CA : Mathias DREYFUSS

En mars dernier, un nouveau membre est venu se joindre au Conseil d’Administration de The Beit Project. Suite au départ de Robert Fohr, Mathias Dreyfuss a accepté de mettre son expérience au service de l’association. Un grand merci à lui pour son engagement, mais aussi à Robert Fohr pour son précieux soutien ces dernières années. 

Docteur en histoire de l’EHESS, Mathias Dreyfuss est depuis décembre 2025 maître de conférences en histoire contemporaine à Aix-Marseille université. Il a consacré ses travaux de recherche sur l’écriture de l’histoire des Juifs en France, avec un intérêt particulier pour les enjeux de patrimonialisation de ce passé.

Après avoir été responsable pédagogique du musée d’art et d’histoire du Judaïsme à Paris pendant près de dix ans, il a occupé les mêmes fonctions au Musée national d’histoire de l’immigration où il a également assuré le commissariat technique de l’exposition Juifs et musulmans, de la France colonial à nos jours (commissariat général de Benjamin Stora associé à Karima Dirèche). Entre 2021 et 2025, il a été délégué interministériel adjoint à la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT.  Il y a assuré plus spécifiquement le suivi du plan national de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations liées à l’origine (2023-22026), notamment sur les enjeux éducatifs et mémoriels.

Si vous étiez un lieu, lequel seriez-vous et pourquoi ?

« Jeune adulte, j’ai découvert l’ouvrage de Georges Perec: Espèces d’espaces. La lecture de cet ouvrage a constitué un déclic pour découvrir l’importance des sentiments qui nous attachent à des lieux, intimes (le lit, la chambre) ou au contraire collectifs. 

Ayant vécu jusqu’à l’âge de quarante ans dans la même ville, Paris, mes souvenirs me ramènent vers mon quartier d’enfance et les trajets empruntés vers mon école primaire, située rue de Picpus (12e arrondissement de Paris), une rue chargée d’histoire puisque les corps des décapités de la Grande Terreur (1794) y passèrent pour être inhumés nuitamment dans un petit cimetière adjacent.

Mais c’est surtout une plaque commémorative, du reste assez sibylline (et dont je n’ai compris le sens que trente ans plus tard!) qui arrêtait mon regard au carrefour de la rue de Picpus et de l’avenue St-Mandé et me plongeait parfois dans des rêveries profondes. Si donc j’étais un lieu, je serais peut-être ce terre-plein, des plus ordinaires, où jouent des enfants en contrebas de cette plaque commémorative. Comme un appel à lever la tête et à humer ce qui nous sépare de la vie de nos aïeux et ce qui, discrètement, secrètement, nous relie à elle par-delà le passage des générations.« 

The Beit Project

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